29 février 2012

The artist

Cinq oscars, dont celui du meilleur acteur pour Jean Dujardin, qui remercie Douglas Fairbanks. Bon. Michel Hazanavicius a fait la preuve de son talent en terme de parodie. Maintenant, on attend son premier vrai film.

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27 février 2012

François Bégaudeau "Au début"

Daau débutns la collection Alma éditeur, a récemment paru un ouvrage qui ne laisse pas indifférent, pas plus que son auteur, dont la personnalité agace ou séduit (parfois les deux). François Bégaudeau, l'auteur d'Entre les murs, s'empare d'une thématique éminemment féminine -la grossesse- et construit une variation en treize nouvelles, auxquelles s'ajoute un autoportrait qu'on serait bien idiot de prendre au premier degré. L'organisation des récits fonctionne sur le principe de l'élargissement, à telle enseigne que la première histoire figure une génèse -au commencement était le binôme homme/femme-. On comprend, dès ce texte initial,  -et sans mauvais jeu de mot- que le bonheur des protagonistes se conquiert au forceps. Mais plus encore, la matrice conjugale est contrariée, puis menacée par des facteurs exogènes (l’entourage familial, la polygamie…). D’où son éclatement.

Cet élargissement paraît solidaire d’un éloignement géographique –le quatrième récit nous emmène déjà loin, aux Etats-Unis-, bien que la toponymie nous ramène régulièrement du côté de Paris ou des Pays de la Loire (chers à l'auteur). La géographie ne paraît floutée que dans une histoire, à mes yeux  la plus extraordinaire, la plus décalée -et pourtant centrale au regard de l’économie du livre- : le septième récit, véritable thriller psychologique, mené tambour battant. Pour le reste, les espaces sont plus traversés qu’évoqués (certains personnages voyagent beaucoup, à proportion de leur instabilité). Toutefois, la simple mention des lieux convoque forcément l’imaginaire de celui qui reçoit : pour moi, Dreux et sa région (je n’avais pas entendu le mot de « Brezolles » depuis longtemps et je revois une des mornes routes qui y mène). J’ai présumé une déambulation, que rien ne justifiait, à travers la cité durocasse. Ce n’est pas grave, l’attente dévoile la tentation d’une lecture autobiographique en creux. Or, si cette posture de lecteur constitue une facilité, c’est parce que tout converge vers ce moment où François, délicieusement mis en scène par des caméos, démultiplié en confident, copain, jeune homme secrètement désiré, militant lycéen, joueur de foot, va se rassembler en une entité, naître en tant que personnage. On le devine, on l’attend.  Quand l’avènement se produit, clignotent tous les signaux de l’autobiographie, pourtant déjouée par les modalités d'insertion dans l’avant-dernier récit : François n'y est pas acteur principal, mais confident, donc en périphérie de ce qui se joue. Pas le beau rôle, un parmi d’autres, au sein d'un groupe de potes. La figure centrale demeure féminine (les mecs sont quand même largués, dans l’ensemble) et le lyrisme tenu en lisière, à la même distance où se tient François, « semé » par Isabelle à la fin du texte. L'ensemble est particulièrement élégant et laisse poindre une manière que Bégaudeau pourrait exploiter dans ses futurs livres.

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23 février 2012

Sébastien Tellier

Sébastien Tellier fut découvert par bibi en première partie d'un concert du groupe Air, au Zénith de Paris. Je pensais que Roger Hodgson avait été invité. Et puis non. C'était Sébastien Tellier. Il a terminé son petit tour de chant assez passe-partout par une rengaine plutôt entêtante : "La ritournelle". C'est passé en boucle sur les bonnes radios. Mais normal, c'était une boucle. Donc Sébastien Tellier s'est laissé pousser les idées, les cheveux et le ventre. Quelques années plus tard, on l'a retrouvé à l'Eurovision où il a chanté en anglais et n'a pas laissé un souvenir particulier, étant entendu qu'à l'Eurovision, on ne laisse que des paillettes et qu'on marche volontiers sur de la guimauve. Pas grave. La ponctuelle surexposition médiatique en a fait un gentil clown de foire, aussitôt oublié parce que les médias démontent assez vite le chapiteau.

Aujourd'hui, Sébastien Tellier nous revient. Et c'est peu de le dire, puisqu'il convoque tout à la fois Jean-Michel Jarre, Jésus, les Pépitos, Era, Avatar, Rencontre du troisième pitre; ainsi que quelques figurants aux visages illuminés. Dans Technikart, il nous annonce une révolution tout en bleu. Mais plus : «N’écoutez pas mon disque, écoutez mon message, nous dit-il, entrez en vibration avec ma musique, fusionnons nos rêves, propageons ensemble cette énergie communautaire en une immense vague bleue qui irradiera le monde, et les vérités apparaîtront". Bah merde.

La chanson "Pépito bleu" est le premier hymne de cette révolution. Les paroles sybillines se posent comme un aéronef sur un matelas de synthés, tandis que le gourou improbable, synthèse high cake entre Chabal et Demis Roussos, darde des yeux fluorescents, sa masse adipeuse noyée dans une lumière céleste. Comme il n'est tout de même pas de bois, le messie se carapate avec une créature mi-terrestre, mi-cadeau, dont le regard caméra ne laissera pas d'évoquer le final de "Thriller".


Sébastien Tellier - Pépito Bleu (Official Music Video)

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22 février 2012

Fouquet's

Nicolas Sarkozy regrette d'avoir été au Fouquet's. Mais s'il y avait retrouvé Le Clézio, Badiou et Modiano, on aurait pu lui pardonner le choix du lieu. Le problème, c'est que les restaurants de ce genre attirent plutôt les chefs d'entreprise, a fortiori les soirs d'élection présidentielle.

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21 février 2012

Citation

"Les journalistes ne croient pas aux mensonges des hommes politiques. Mais ils les répètent" (Coluche)

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19 février 2012

12 juillet 1998

Paris, ce soir-là, n'était qu'une clameur. Avant le match, le bleu-blanc-rouge partout et les rumeurs d'une fête à célébrer d'avance. Certitude qu'on ne reverrait plus cela, que si cela reproduisait, ce serait ailleurs et une seconde fois. Les premières fois ont un parfum d'éternité. Ce qui suit n'est qu'une redite. Le 12 juillet 1998, la France du football savait qu'elle atteindrait le toit du monde et que le reste ne serait qu'une descente.

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17 février 2012

Campagne présidentielle

Nicolas Sarkozy est officiellement candidat à la Présidence de la République. Beaucoup aurait souhaité qu'il l'annonce au journal d'Arte, où ses arguments auraient bénéficié d'une traduction en allemand. Au lieu de quoi, il a choisi le journal de TF1 où il s'est exprimé dans un français assez relâché, ne s'est jamais départi d'une certaine tendance au registre familier. Mais Nicolas Sarkozy a progressé. Nicolas Sarkozy est maintenant capable de corriger "foutu" en "fichu". Avant, il aurait maintenu son propos.

Donc voilà.

La campagne présidentielle a commencé, projet contre projet. Du côté de la droite, on nous promet une idée par jour. La suppression du collège unique, par exemple ? Ca promet d'être alléchant.

Au milieu, François Bayrou dénonce la "sarkolandisation". On a connu plus littéraire et plus inspiré. Il faudra beaucoup plus pour tenter de briser la bipolarisation des débats. Car au fond, ce vieux pays qu'on croyait revenu de tout, n'a pas changé : il aime que la droite et la gauche s'affrontent.

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12 février 2012

Diva

Que valent la vie de milliers de Syriens contre une diva de la pop qui se noie dans sa baignoire ?

 

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11 février 2012

Hommage.

Quels que soient les résultats, le gouvernement actuel cèdera sa place dans quelques mois. Ainsi va la vie. Le premier ministre d'aujourd'hui ne sera pas celui de demain. Alors sans doute que dans quelques années, en guise d'hommage, la population reconnaissante donnera à ses espaces publics le nom d'un ancien serviteur de la nation : pourquoi, dès lors, ne pas imaginer un Complexe Culturel Nicolas Sarkozy, une Cité de la Musique Nadine Morano, un Stade David Douillet ? Et pourquoi ne pas imaginer que les artères de nos bonne vieilles villes portent le nom de ceux qui auront dignement représenté le peuple pendant de très longs mois ? On pourrait commencer petit, pour habituer ceux de nos concitoyens que la nouvelle surprendrait : à défaut d'une avenue, Claude Guéant pourrait devenir une ruelle voire une impasse. Et puis, lorsque les polémiques se seront apaisées, Gérard Longuet pourrait envisager que ses initiales ornent le fronton d'une célèbre boutique, boulevard Haussmann. Plus que jamais, à l'heure des adieux, la patrie reconnaissante doit remercier ceux qui ont oeuvré à son redressement.

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08 février 2012

A votre écoute, coûte que coûte

Gloire soit rendue à la radio France-Inter pour sa désopilante émission quotidienne : "A votre écoute, coûte que coûte", diffusée chaque jour à 12h20. C'est bien la meilleure de l'année. Les De Baulieu sont le couple le plus inénarrable du PAF qu'on ait entendu depuis longtemps. Les imbéciles qui prennent cela au premier degré devraient se tourner vers NRJ.

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