Le blog du touilleur

26 mai 2012

Solange te parle

Le narcissisme en ligne incite un certain nombre de gens à poster des vignettes qui les mettent en scène, autour de considérations qui ne vont pas plus loin qu'un rouleau de papier toilette ou une situation quotidienne embarrassante. Dernier avatar du genre : la très ennuyeuse Solange. Dans un style qui se veut arty, la jeune femme décline des problèmes existentiels dont on se fout royalement. Il n'y a guère que son appartement qui stimule l'interprétation biographique et allégorique : saisie par un huissier ? Sur le point de partir ? Tout juste installée ? Intérieur/extérieur, même combat ? Autour de Solange, donc, du rien. Dans les propos de Solange, du rien. C'est dit d'une voix blanche à la Jean-Pierre Léaud, ça se prétend vaguement intello et ça marche puisque les Inrocks crient au génie et que Télérama s'est fendu d'un billet complaisant.

http://solangeteparle.com/

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24 mai 2012

Courrier des lecteurs.

assemblée

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22 mai 2012

De l'absurde

L’absurde se pare des atours de la respectabilité pour dynamiter la logique de l’intérieur : il travaille sournoisement, en profondeur. On ne l’attend pas, il surgit (j’allais écrire « et souvent il mord »). Ce rire engendre évidemment une incompréhension, voire une angoisse chez ceux qui sont obsédés par la logique… et enchante les autres (si je schématise). L’humour absurde me semble intemporel en ce qu’il suscite des réflexions véritablement ontologiques (par rapport à d’autres formes comiques qui « vieillissent »). Ainsi, Ionesco pose la question du langage dans La cantatrice chauve.

 De plus, je trouve que le décalage entre la forme (sérieuse) et le fond (insensé), immanent à l’absurde, permet d’échapper à des situations attendues ou induites par une forme de comique « bourgeois », où les typologies des personnages sont solidaires des événements qu’ils vivent : par exemple, on sait que le méchant d’une comédie au cinéma sera souvent ridiculisé, parce que la morale l’exige. Même constat chez Molière. L’adéquation suscite un rire de confort, qui valide nos certitudes. L’absurde n’est pas là pour nous réconforter. Il questionne, secoue, stimule.

Alors oui, si on y est sensible, le rire s’ébroue, mais la pensée suit aussitôt. Enfin, si l’absurde paraît élégant, c’est justement parce que ce rire ne s’affiche pas, qu’il ne clignote pas de mille feux. On peut, je pense, l’appliquer au cinéma, à la littérature : en vrac, Ionesco, Dubillard, OSS 117, Buffet froid… Encore une fois, l’absurde nous laisse la possibilité d’exister.

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21 mai 2012

Critique

La critique artistique que j'aime, quel que soit son domaine d'élection, laisse toute sa place au récepteur : elle n'assène pas une vérité, ne prescrit aucune posture, ne fixe pas les bornes du goût : elle a l'élégance et la politesse de ne pas circonscrire, au nom d'un prétendu savoir ou d'une prétendue légitimité. Elle prend l'autre par la main et lui dit : "Voilà ce que je pense, voici mes arguments. J'ai envie de parler là-dessus. Veux-tu en être, veux-tu réfléchir avec moi ?".

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19 mai 2012

Argentan connection

Pour quelqu'un qui se dit "solaire", Michel Onfray prend souvent ombrage.

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16 mai 2012

Nicolas Sarkozy

Après avoir cédé le pouvoir à François Hollande, Nicolas Sarkozy a effectué un footing au bois de Boulogne. Aux journalistes qui tentaient d'obtenir quelques mots, l'ancien président de la république a répondu d'une voix lasse : "Vous n'allez pas me suivre comme ça tout le temps ?".

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Grégoire

Toi plus moi plus elle plus lui, multiplié par deux, divisé par un... équation nullissime pour une chanson qui ne l'est pas moins.

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14 mai 2012

Analyse

 « Les criquets criquetaient, les parfums parfumaient, les nuances nuançaient, et le Midi Méditerranéen semblait n’être une fois de plus qu’une immense et aphrodisiaque tautologie » (Marie Desplechin, Trop sensibles, 1995)

Disons-le d'emblée : l’intention de l’auteur est ici de « signaler le cliché » A ce titre, le métalangage n’est pas dupe. Pour autant, a-t-il sa place dans la narration ?

 Je m’explique : nommer un procédé dans le cadre d’un récit - "tautologie"-, c’est faire assaut de littérarité, montrer qu’on est de ces gens qui savent penser le texte. La démarche ne me dérange pas quand on se situe sur le terrain du commentaire. Mais la phrase de récit que j’aime est celle qui vise une transitivité, qui laisse toute sa place au lecteur. Il me semble que lorsque Marie Despleschin écrit : « Les criquets criquetaient, les parfums parfumaient, les nuances nuançaient », elle induit la tautologie, sans avoir besoin de lui donner un nom. Disons que c’est à la glose de le faire (celle du lecteur, du critique). D’un point de vue stylistique, la présence d’une figure de rhétorique dans une description me paraît trop ostentatoire : elle postule clairement la présence et la pertinence de l’auteur. C’est évident, c’est brillant. Quand on lit cela, on pense : « Qu’est-ce qu’elle est intelligente ! ». Mais le lecteur conclut aussi qu’il est peu plus démuni. Imaginons que j’ignore la tautologie : je me sens un peu con. Si cette phrase avait été réduite à sa moitié, elle aurait fonctionné en creux et le lecteur aurait pu investir l’espace laissé vacant. C’est justement ce qui marche avec un auteur comme Flaubert pour évoquer une « référence » absolue.

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Poésie

Le paradoxe veut que parfois on fasse de la littérature sur ce qui porte déjà une charge poétique : la mer, par exemple, parce qu’elle constitue une mythologie à elle seule. Si l’on se détourne, la vraie poésie consiste alors à investir l’insignifiant par le langage, d’oser ce « parti-pris », à la Ponge

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13 mai 2012

Acharnement

Michel Onfray commence à nous gonfler avec son obsession anti-sartrienne. Parallèlement, son plaidoyer pour Camus exclut toute nuance : à l'entendre, l'auteur de L'étranger n'a aucun défaut. La conférence que le philosophe a donnée hier soir à Argentan, dans le cadre de l'Université Populaire, n'a trouvé aucune circonstance atténuante au couple Sartre-De Beauvoir. Au fil d'une lecture strictement biographique, Onfray a égrené un chapelet d'erreurs ou d'errances politiques qui, mises bout à bout, laissent une impression désastreuse. L'honnêteté intellectuelle consiste aussi, au-delà d'une posture très Sainte-Beuve, à considérer les oeuvres et rien que les oeuvres. Or, de cela on a très peu entendu parler hier soir. Pourtant, Onfray est un lecteur attentif. Mais le public auquel il s'adresse doit être trop idiot pour entendre des commentaires de textes.

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