Nicolas Sarkozy
Il y avait un je ne sais quoi de crépusculaire dans l'intervention de Nicolas Sarkozy hier : on était sur un mode mineur, on aurait cru entendre une sonate au clair de lune.
Réponses
"Ca vous fait quoi qu'on vous appelle le nouveau Coluche". "Cela vous fait quoi qu'on vous appelle le nouveau Desproges ?
Réponses possibles :
1- Ca prouve que vous vivez dans le passé.
2- Ca montre qu'il n'est pas arrivé grand chose dans l'humour français depuis 25 ans.
3- Ca m'incite à croire que vous me condamnez aux accidents de la route ou aux métastases.
4- Ca montre que vous maîtrisez l'antonomase.
5- C'est un peu insultant pour ceux qui les ont précédés.
6- Cela confirme qu'on est Coluche ou Desproges, comme autrefois on était Beatles ou Stones.
Dujardin
A sa façon, Jean Dujardin incarne tout ce que les Américains aiment chez les Français : un patronyme gentiment désuet (façon Dupont) qui les rassure sur notre modernité et une capacité à rendre hommage au cinéma américain.
Périphrases
Les commentateurs politiques décèlent chez François Hollande une certaine tendance à omettre le nom de Nicolas Sarkozy, désigné par quelques périphrases plutôt neutres. Hier soir, au cours de l'émission "Des paroles et des actes", Alain Juppé a tenté une apocope que son adversaire socialiste a déjouée : le désormais célèbre "Sarko" était envoyé en éclaireur pour que M. Hollande le reprenne à son compte et, corrigeant son interlocuteur, dise enfin le patronyme -semble-t-il- impi dans sa bouche-. On se serait cru au jeu du "ni oui ni non". Il n'y eut pourtant ni perdant, ni gagnant au cours de cette passe d'arme dont l'existence ne sert qu'à accréditer les exégèses quotidiennes qui inondent cette campagne présidentielle. Cela réjouit peut-être le petit sérail des journalistes, mais la pauvreté des questions posées au favori des sondages montre que, sous prétexte d'affoler les indices d'écoute, on sacrifie le fond à la forme et qu'in fine, pour se couler dans le moule médiatique, un certain nombre de nos élus préfèrent sacrifier leur intelligence et astiquer leur plus beau sourire.
"Ecoutez, je sens que je vous complique la vie"
Il y a bien des années, j'ai sursauté en lisant : "Tiens, un rat", la réplique d'Hamlet avant qu'il ne poignarde Polonius, caché derrière un rideau. Eh bien, il y a deux jours, j'ai eu la même réaction en voyant François-Eric Gendron dans L'ami de mon amie. Alexandre, le personnage qu'il incarne, ne parvient pas à décider son interlocutrice. Alors, de guerre lasse et avec une classe folle, il lui lance : "Ecoutez, je sens que je vous complique la vie". Le décrochage est une de ces petites merveilles dont Eric Rohmer est capable.
Daphné au Trianon de Sotteville-lès-Rouen
Absolument superbe dans sa robe de diva, Daphné a jeté quelques gouttes de sa lagune vénitienne sur une assistance hélas clairsemée. Il faudrait pourtant tirer par la manche ceux qui goûtent à la grosse cuillère l'infâme brouet qu'on leur sert quotidiennement, pour leur dire qu'il existe une alternative. On peut chanter l'amour sur un mode lyrique, sans verser dans le ridicule le plus rance : accompagnée de deux violoncelles, d'un clavier délicat, d'une batterie discrète et d'un guitariste au toucher élégant, Daphné propose une ballade dans un univers sensible, où la tristesse ne se décline qu'en contrepoint. Etendard de cette manière : "Mélodie à personne", qui vous serre le coeur comme une valse lente et nostalgique. Découverte par Biolay, Daphné le surpasse en tous points, parce que plus douée et en même temps plus avare de son talent.
Présidentielles
A quelques semaines des présidentielles, quatre candidats semblent en capacité d'atteindre le second tour : Nicolas Sarkozy, François Hollande, François Bayrou et Marine Le Pen. Avec eux, toutes les sensibilités politiques sont représentées, mis à part l'extrême-gauche. C'est dire à quel point le résultat est indécis. La dispersion des voix pourrait provoquer une surprise, comme en 2002. Les palinodies de l'opinion font osciller les sondages dans un sens que personne ne peut prévoir. Le constat s'impose pourtant : pas un candidat ne paraît rassembler l'opinion dans un vaste élan populaire. Et c'est peut-être ce qui est le plus inquiétant.
Fanny Ardant
Elle ne parle pas, elle soupire. Agaçant au possible, son jeu est plein d'affectation. Désolé, je n'ai jamais pu.
Judicieux
En hommage à Rosy Varte, France 2 diffuse "Le cinquième élément", ce soir.
Silence
L'élève qu'on ne remarque plus, qui subit l'échec solaire avec une terrible résignation, sortira du système comme il y est entré : en silence. Pendant ce temps, autour de lui, vivent ses camarades qui focalisent l'attention et foncent vers un avenir professionnel. Ceux-là cohabiteront quelques mois dans un même espace et puis, à la croisée des chemins, au mois de juin, ils ne se diront même pas "aurevoir" ou "bon courage" pour la suite.
